11 novembre : commémoration de l’armistice à la Résidence de France

A l’occasion du 97ème anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918, une cérémonie du souvenir a eu lieu à la Résidence de France, en présence de S.E.Mme Claudine Ledoux et du Lt Colonel Christophe Talon, attaché de défense près l’Ambassade de France au Vietnam, pour le Laos et le Cambodge.

A cette occasion, l’ambassadrice a prononcé le discours suivant :

Madame la Conseillère consulaire,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs les représentants des forces armées et de la sécurité publique,
Mesdames et Messieurs les représentants d’associations d’Anciens combattants,
Monsieur le Délégué général du Souvenir Français,
Messieurs les anciens Combattants,
Mesdames, Messieurs les représentants du lycée Josué Hoffet,
Chers élèves,
Mesdames et Messieurs,

En ce 11 novembre 2015, nous sommes réunis dans les jardins de l’ambassade, le déroulement de la cérémonie au cimetière n’étant pas possible, pour commémorer le 97ème Anniversaire de la fin de la Première Guerre Mondiale.

Depuis plus d’un an ce conflit majeur fait l’objet de nombreuses commémorations en France. Elles se poursuivront encore pendant les trois années à venir. Nous ne pouvons qu’être satisfaits de cet intérêt, cette mobilisation des consciences sur ce qu’a été la réalité de ce conflit, c’est – à – dire une guerre totale et meurtrière qui a ruiné l’Europe et a atteint la France dans ses forces vives, sa jeunesse et son économie.

Aucune famille française n’a été épargnée par un deuil, le retour d’un mutilé ou traumatisé par l’horreur qu’ils avaient vécue. Ce n’était qu’un répit puisque à peine plus de 20 ans après, une autre guerre allait encore ensanglanter et transformer le monde. Notre mémoire collective reste encore hantée par le souvenir de ces deux terribles guerres.

Aujourd’hui plus aucun survivant de ce conflit ne peut témoigner de la dureté des combats durant ces quatre années. C’est pourquoi le devoir de mémoire nous incombe, et nous amène à nous interroger sur ce qui a permis à nos soldats, y compris ceux qui étaient venus des régions les plus éloignées de ce qui constituait alors notre empire colonial, de tenir, de faire preuve d’un courage et d’une abnégation sans pareille. Ils ont droit à toute notre reconnaissance et notre admiration pour leur dévouement, leur acharnement, souvent jusqu’au sacrifice suprême. Ils sont parvenus à arrêter l’envahisseur et finalement à le vaincre, soutenus par toute une Nation mobilisée.

Ce sont ainsi près de 100.000 Indochinois qui auront participé au premier conflit mondial. Dès 1915, 4600 ouvriers rejoignent la métropole pour travailler dans l’aviation mais le gros des troupes arrive à partir de 1916, pour constituer 19 bataillons de tirailleurs indochinois (BTI), auxquels il faut ajouter 9000 infirmiers et 5000 conducteurs automobiles, soit au total 43.000 personnes. Parallèlement, près de 49.000 travailleurs coloniaux originaires du Tonkin, de l’Annam, de Cochinchine et du Cambodge seront envoyés en France pour être employés dans des usines et dans l’administration.

Les combattants se retrouveront sur le chemin des Dames en 1917 puis dans les Vosges en 1918, mais aussi sur le front d’Orient à partir de 1916.

La fin de cette guerre fut proclamée le 11 novembre 1918, à 5 h 15. Les généraux allemands et alliés signaient l’armistice dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne. A 11h11 du matin, la 11e heure du 11e jour du 11e mois de l’année 1918, le cessez-le-feu était effectif. Partout, les clairons retentirent et les cloches des églises se mirent à sonner. Jamais on ne vit une Nation communier tout entière dans une aussi grande ferveur.

Mais cette immense joie était mêlée d’un profond sentiment de deuil et de tristesse. La France pleurait ses morts et accueillait 4 millions de blessés et d’invalides. 1.400.000 soldats étaient tombés au front. 300.000 civils avaient succombé. Nul ne fut épargné, aucune famille, aucun village, aucune ville, les monuments aux morts présents aujourd’hui dans toutes nos communes en témoignent.

N’oublions pas !

Depuis 2012, cette journée d’hommage associe tous les combattants de 14-18, de 39 – 45, d’Indochine, d’Afrique du Nord et nos jeunes soldats des opérations extérieures. Les représentants du Souvenir Français et les Anciens combattants présents ici contribuent à conserver le souvenir de ces frères d’armes disparus et à veiller à ce que les jeunes générations s’imprègnent du dévouement et des sacrifices de leurs aînés, pour, s’il le fallait, défendre à leur tour notre pays.

Plus que jamais il convient de s’inspirer du courage, et de l’esprit de défense qui animaient nos combattants de la Grande Guerre.

Honneur à tous les combattants morts pour la Patrie.

Vive la France !

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Vous pouvez télécharger les traductions de ce discours en anglais (PDF, 299 KB) et en lao (PDF, 51 KB) :

PDF - 298.9 ko
Discours 11 novembre 2015 ANGLAIS
PDF - 50.9 ko
Discours 11 novembre 2015 LAO

Dernière modification : 13/11/2015

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