Biographie

Arrivé au Laos par le sud, en 1936, Marc Leguay fut subjugué par la beauté de la région des 4000 îles et fonda la première école des Beaux-Arts du Laos

Biographie

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Le peintre Marc Leguay s’est éteint le 22 mai 2001 à l’aube, à l’âge de 91 ans, entouré d’une partie de sa famille, dans son village d’adoption du pays Issan, près d’Udon Thani.

Né le 10 janvier 1910 à Charleville-Mézières, le destin de Marcel Louis Leguay a bifurqué lors de son arrivée dans la péninsule indochinoise à l’âge de 25 ans. Son affectation militaire ne fut qu’un intermède dans une carrière entièrement placée sous le signe des Beaux-Arts : peinture, dessin, gravure.

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Dans les annees trente, il fréquentait dans le sud de la France des ateliers de peintres amis ainsi que plusieurs amateurs d’art. Il rencontra chez l’un d’entre eux le gouverneur général de l’Indochine qui l’invita à se rendre à Saigon, dans un premier temps. Admirateur des grands maîtres espagnols, Marc Leguay se rendit à plusieurs reprises en Espagne, surtout en Catalogne où il connut Salvador Dali.

Arrivé au Laos par le sud, en 1936, il fut subjugué par la beauté de la région des 4000 îles et fonda la première école des Beaux-Arts du Laos, celle de Khong. Il resta dans cette région jusqu’en 1947, en compagnie de sa femme, originaire de l’île, dont la beauté fut immortalisée sur plusieurs des billets de cette époque : c’est elle en effet qui devait représenter le Laos sur les piastres de l’ancienne Indochine et sur les premiers kips.

En pleine harmonie avec ce pays et ses habitants, Marc Leguay éprouva l’amitié indéfectible et la solidarité du peuple lao grâce à la protection que lui prodigua une famille amie, aux heures difficiles qui suivirent le 9 mars 1945. Le peintre quitta la lumière et le charme des paysages du sud pour s’installer dans la capitale où il fonda la première école des Beaux-Arts de Vientiane en 1959.

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On aperçoit encore à l’orée du village de Naxay, sur la route qui conduit du Mékong au That Luang, la maison, témoignage d’une belle architecture d’inspiration lao, où il vécut avec sa famille avant de s’installer dans l’immeuble qui abritait les enseignants du Lycée de Vientiane de cette époque. Beaucoup d’enseignants et de cadres, anciens élèves, se souviennent avec émotion de ses leçons de dessin et de peinture où l’on apprenait à aimer la création et la beauté autant qu’à comprendre les techniques graphiques et les lois qui régissent la lumière et les couleurs.

Marc Leguay ne vendit jamais de toiles, il en fit cadeau à ses amis français et lao qui étaient, comme lui, enchantés par la douceur et le charme pastoral du Laos d’antan. Sa collection personnelle, envoyée à Paris à l’occasion d’une présentation, ne lui fut jamais restituée, ce qui assombrit la dernière partie de sa vie. Après avoir quitté physiquement le Laos, au milieu des années 70, il laissa pour toujours ses pinceaux et ses couleurs dans les malles du souvenir. Merci Maître Leguay pour les images que vous avez créées d’un Laos tant aimé : tableaux, esquisses mais aussi créations philatéliques et numismatiques. Grâce à vos oeuvres, le Laos des rizières et des rivières, le Laos du Mékong et des traditions restera vivant pour toujours.

Extrait de l’hebdomadaire lao francophone, le Rénovateur, article de Michel Treutenaere préparé avec la famille du peintre défunt.

Hommage à Marc Leguay
La première maison de Marc Leguay à Vientiane existe toujours. Elle est devenue la maison communale du village de Naxay, sur la route de Nongbone, ancien axe reliant le palais royal, au bord du fleuve Mékong, au That Luang. Elle illustre une composante de l’architecture lao de la période coloniale : maison sur pilotis utilisant le bois et le torchis mais de facture différente des maisons traditionnelles lao.

Un projet de restauration de cette maison est à l’étude avec le concours d’une collectivité locale française, sur le modèle de la réhabilitation complète d’une maison du Vieux Hanoï par la ville de Toulouse. Il est envisagé d’accueillir dans cette maison une information sur les parcours de découverte du patrimoine de Vientiane d’une part, et sur les œuvres de Marc Leguay d’autre part.

Vientiane pour sa part fut presque entièrement détruite à trois reprises au cours du 19ème siècle. Le travail, en cours, d’inventaire du patrimoine architectural de la capitale du Laos n’en revêt que plus d’importance. La réalisation de parcours de découverte à l’usage des habitants de la capitale et des visiteurs permettra de renforcer la capacité d’attraction touristique d’un pays surtout connu jusqu’à présent pour le charme de l’ancienne capitale royale : Luang Prabang, classée au patrimoine mondial et pour le Wat Phu, site préangkorien qui vient également d’être classé par l’Unesco.

Discours de son excellence Monsieur Bouabane Vorakhoun,
Vice-ministre de la culture et de l’information,
lors de la cérémonie de la remise d’une oeuvre du peintre français,
Monsieur Marc Leguay,
à l’Ecole nationale des Beaux-Arts,
le 23 novembre 2001

Son excellence Monsieur l’Ambassadeur de France en République démocratique populaire lao, Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui, j’ai l’honneur d’assister à une importante cérémonie.

J’ai appris la nouvelle par l’Ecole nationale des Beaux-Arts et ai suivi dès le début l’opération de restauration d’une ceuvre de Marc Leguay. Je suis très heureux que cette coopération ait abouti.

Au nom du ministère de l’Information et de la culture, je présente mes remerciements au mécène anonyme, au Centre de langue française ainsi qu’à l’Ambassade de France en République démocratique populaire lao, qui ont contribué à la restauration de cette magnifique ceuvre ainsi que l’a qualifiée son Excellence Monsieur l’Ambassadeur, tout à l’heure. II est évident que l’art reste un très beau vecteur d’amitié, de compréhension et de bonne coopération entre les peuples.

Le Laos et la France entretiennent de bonnes relations et coopèrent depuis longtemps. La France a beaucoup soutenu le domaine culturel au Laos.

Je profite de cette occasion pour formuler des voeux pour que l’amitié et la coopération entre nos deux nations continuent d’être fructueuses et que les échanges artistiques ne cessent jamais.

Merci beaucoup.

Dernière modification : 26/05/2006

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