Cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 au cimetière militaire français de Vientiane

La Marseillaise et la sonnerie aux morts ont retenti ce dimanche matin au cimetière militaire français de Vientiane à l’occasion de la commémoration du 71ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945, qui marquait la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe.

Après le dépôt des gerbes au cimetière, l’Ambassadrice de France, l’Attaché de Défense, les Anciens combattants et les visiteurs se sont réunis à la Résidence de France, où l’Ambassadrice a prononcé le discours suivant :

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les représentants d’associations d’Anciens combattants,

Mesdames, Messieurs les représentants des forces armées et de la sécurité publique

Mesdames, Messieurs les représentants du lycée Josué Hoffet,

Chers élèves,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

En ce 8 mai 2016, nous sommes réunis dans les jardins de la Résidence de France pour commémorer le 71ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945. Ce jour-là prenait fin en Europe la guerre la plus meurtrière de l’histoire de l’Humanité. Plus de cinquante millions de femmes et d’hommes, dont la moitié de civils, avaient péri au cours de ce conflit mondial.

Le général de Lattre de Tassigny signait ce même jour à Berlin, au nom de la France, la capitulation de l’Allemagne nazie. La France effaçait ainsi la défaite de 1940 et l’esprit collaborationniste du régime de Vichy. Dès le 18 juin 1940, la République avait dit son refus et sa volonté d’agir pour permettre à la France de retrouver sa place au sein des grandes nations, afin de porter son message universel de Liberté, d’Egalité et de Fraternité.

Le 8 mai 1945, c’est une immense joie qui animait nos concitoyens, les valeurs humanistes et démocratiques venaient de l’emporter sur une idéologie raciste et criminelle, grâce à ces femmes et à ces hommes qui ont accepté que leur destin individuel s’efface devant le destin collectif de la France.

Mais ce 8 mai 1945 annonçait également l’apparition d’un monde nouveau, dominé par deux blocs dont les antagonismes se manifestèrent de façon sanglante en Europe mais également ici, en Asie du Sud-Est.

Ce matin, 71 ans après la Victoire du 8 mai 45, nous nous sommes recueillis au cimetière militaire français de Vientiane et avons rendu hommage dans ce lieu chargé d’histoire à tous nos concitoyens morts pour la France. Certains d’entre vous y étaient et peuvent témoigner de l’intensité de ce moment de souvenir.

Cette cérémonie empreinte d’émotion doit nous faire réfléchir à l’héritage que nous ont laissé nos ainés. Existe-t-il, en effet, encore en 2016, une tâche plus primordiale et une priorité plus impérieuse que de contribuer à un monde en paix ?

Il nous faut donc retenir l’essentiel de cette cérémonie, à savoir la manifestation de l’engagement et du courage qui unissent les femmes et les hommes prêts à servir. Bien plus qu’un héritage, c’est aussi une promesse. La promesse faite le lendemain de la Victoire de construire un Monde libre et en paix.

Si le monde bi-polaire de l’après-guerre a maintenant disparu, non sans heurts douloureux en particulier dans cette partie du Monde, et que depuis le continent européen s’est réconcilié et que les pays du sud-est asiatique suivent la même voie, nous sommes malheureusement aujourd’hui confrontés à d’autres dangers, d’autres violences, d’autres intégrismes, d’autres atrocités et d’autres conflits.

Le combat pour la Paix et la Liberté est donc loin d’être terminé et il nous appartient de le mener en nous référant au courage des combattants de la liberté qui nous ont précédés.

Victor Hugo écrivait : « Il faut allumer les grandes dates comme on allume les flambeaux ».

Il nous appartient aujourd’hui d’entretenir celui du 8 mai et de le donner à notre tour aux futures générations pour que se cultive encore et toujours l’idée que la Liberté et la Paix sont des valeurs fragiles toujours susceptibles d’être remises en cause par la folie des hommes.

Il appartiendra à la jeunesse, à son tour, de veiller sur elles. Plus que jamais, c’est bien dans la mémoire qu’il faut puiser pour préparer l’avenir.

Honneur à tous les combattants morts pour la Patrie !

Vive la Paix !

Vive la Liberté !

Vive la France !

Vous pouvez télécharger les traductions de ce discours en anglais et en lao :

PDF - 187.1 ko
H.E.Claudine Ledoux’speech - commemoration of May 8th 1945
PDF - 64.3 ko
Discours de l’Ambassadrice - Commémoration du 8 mars 1945 - LAO

Dernière modification : 09/05/2016

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