Commémoration de l’Armistice le 11 novembre 2016 à la Résidence de France

La Résidence de France accueillait vendredi 11 novembre 2016 une cérémonie de commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918. A cette occasion, l’Ambassadrice de France en RDP Lao a prononcé le discours suivant :

Monsieur le Directeur général Europe et Amérique

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, et représentants des organisations internationales,

Monsieur le Président du Souvenir Français,

Messieurs les anciens Combattants,

Monsieur le représentant de la sécurité publique,

Mesdames et Messieurs les représentants du lycée Josué Hoffet,

Chers élèves,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Avant toute chose, je voudrais remercier les élèves et les enseignants du Lycée Hoffet qui ont bien voulu participer à cette cérémonie patriotique. Je félicite les enfants qui ont chanté l’hymne national et je remercie Pablo Deharo qui nous a lu ce texte rédigé par lui et ses camarades lycéens.

Pour qu’elle ne soit pas qu’un mot, la reconnaissance que la nation doit à tous ceux qui sont morts pour elle a besoin du souvenir.

C’est pour cela que nous sommes réunis en ce 11 novembre 2016 dans les jardins de l’ambassade pour commémorer ensemble le 98ème anniversaire de la fin de la Première Guerre Mondiale et rendre un hommage appuyé aux hommes et aux femmes, tombés au champ d’honneur depuis 1914 pour que nous soyons des citoyens libres aujourd’hui.

C’était il y a 100 ans, un siècle, mais le bilan humain de ce que l’histoire a retenue comme étant la « Grande Guerre » résonne encore dans nos esprits, même ici, à plus de 9000 km de la France.

9 millions de combattants tués entre 1914 et 1918 sur les fronts européens, 20 millions de blessés…

Jamais le monde n’avait connu de guerre dont le bilan humain fût aussi terrible. Jamais une telle capacité de destruction n’avait été déployée. Jamais la France, qui a été au cœur des combats, n’avait payé un aussi lourd tribut dans un conflit. Toute une génération fut décimée, des régions entières dévastées.

Ne l’oublions pas.

Au cours de l’année 1916, la France va connaître deux batailles qui marqueront à jamais ses paysages et les familles de millions de soldats :

-  à Verdun où sont tombés des combattants français venus de métropole, d’Outre-mer et des anciennes colonies, le chiffre des pertes françaises et allemandes s’élève à 700 000 ;

-  dans la Somme où les pertes atteignent le million, des Africains du Sud, des Australiens, des Britanniques, des Canadiens, des Irlandais et des Néo-Zélandais se battent aux côtés des soldats de notre armée.

En 2016, de nombreuses commémorations ont été organisées en France avec la participation de la plupart des pays qui ont pris part à ce premier conflit mondial. Les cérémonies commémoratives, le 29 mai à Verdun dans la Meuse, le 1er juillet à Thiepval dans la Somme ou le 24 octobre au fort de Douaumont en particulier, ont été l’occasion d’inviter chacune et chacun à mesurer à quels extrêmes le nationalisme a conduit l’Europe et à se replonger dans ses souvenirs familiaux comme nous le faisons en ce 11 novembre, ici à Vientiane.

Le 11 novembre s’est très vite imposée comme date d’hommage aux combattants de la Grande Guerre mais aussi comme le symbole d’une France qui surmonte l’épreuve.
Le 11 novembre 1923, André Maginot raviva la flamme sous l’Arc de triomphe pour la première fois, instituant une tradition qui perdure encore aujourd’hui.

Dans les heures sombres de notre histoire, cette date devint un moment de ralliement. Le 11 novembre 1940, des lycéens et étudiants parisiens se réunirent place de l’Etoile, bravant les forces d’occupation. Trois ans plus tard, le défilé d’Oyonnax, dans l’Ain constitua un nouveau geste de défi face à l’oppresseur. Des résistants en rangs serrés déposèrent devant le monument aux morts de la ville une gerbe portant ces mots : « les vainqueurs de demain à ceux de 14-18 ».

Plus tard encore, la loi du 28 février 2012 a fait du 11 novembre le jour anniversaire de l’armistice de 1918 mais aussi de la commémoration annuelle de la victoire et de la paix. Ce jour-là, il est rendu hommage à tous les morts pour la France.

Cette commémoration du 11 novembre est donc devenue au fil du temps un lien intergénérationnel indélébile qui regroupe toutes celles et tous ceux qui ont fait la démonstration de leur courage, de leur sens du devoir et de leur esprit de sacrifice de 1914 à nos jours. Certains d’entre eux en restent marqués dans leur chair et dans leur âme ; d’autres ont leur nom inscrit sur les monuments aux morts de nos communes…

Tous les « morts pour la France », hier dans la Grande Guerre, dans la Seconde Guerre mondiale, dans les guerres de décolonisation, aujourd’hui dans les opérations extérieures sont désormais réunis dans le souvenir et dans l’hommage de la Nation. Ne pas les oublier, et transmettre le message mémoriel aux jeunes générations est notre devoir et relève de notre responsabilité collective.

Aux hommes et aux femmes morts pour la France, à tous leurs compagnons d’armes, à celles et ceux qui continuent de porter leur mémoire, la France exprime sa reconnaissance et sa solidarité.

Alors, en ce jour du 11 novembre 2016, une nouvelle fois, disons-le ensemble avec force et avec conviction en souvenir et en hommage de toutes les victimes civiles et militaires, de tous les conflits et de toutes les guerres où notre Patrie s’est trouvée ou se trouve engagée.

Souvenons-nous méfions-nous, prenons garde pour que celle qu’on a appelé la « bête immonde » ne ressurgisse du ventre toujours fécond.

Honneur à tous les combattants morts pour la Patrie !

Vive la Paix !

Vive la Liberté !

Vive la France !

Dernière modification : 21/11/2016

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