"Contribution de la France au développement du Laos"

Remarques introductives de l’Ambassadeur de France lors de la revue annuelle bilatérale de la coopération franco-laotienne (10 juin 2014).

Contribution de la France au développement du Laos

Aide publique et investissements de qualité

L’aide publique au développement française au Laos a été continue et soutenue depuis plus de 20 ans. Le montant de cette aide bilatérale se stabilise depuis l’année 2010 autour de 15 MUSD de décaissement par an. En 2013, l’APD a de nouveau atteint le montant de 14,5 MUSD selon les dernières informations disponibles.

Cette aide annuelle vient pour plus de 50 % de ministères français, pour près de 40 % de l’Agence Française de Développement et enfin des collectivités territoriales françaises.

Notre aide est exclusivement composée de dons. Néanmoins, la part d’aide sous forme de prêt devrait, nous le pensons, être amenée à grandir en raison de l’essor économique du pays et ce dès que les prêts souverains seront possibles.

La France a, depuis plusieurs années, souhaité augmenter son aide multilatérale et celle-ci bénéficie largement au Laos. Bien sûr nous finançons le budget développement de l’Union Européenne, les institutions onusiennes et les Institutions financières internationales mais aussi des grands fonds internationaux (GAVI, le Fonds mondial…). Si nous estimons cette contribution et la rapportons au Laos, bien que le calcul soit complexe, la contribution bi et multilatérale française au Laos est supérieure à 25 MUSD par an.

Je crois qu’il est important de ne pas oublier ce montant global lorsque nous mentionnons l’aide publique française au Laos.

Notre contribution au développement n’est pas uniquement l’apanage de l’aide publique, mais aussi celui des investissements français. L’année 2013/2014 aura vu s’ouvrir un second fleuron de notre industrie à Savannakhet, l’usine ESSILOR, après celle d’EDF international les années précédentes. Nous appelons au développement de ces investissements exemplaires. Ils sont l’expression d’un intérêt économique partagé, porteurs d’emplois pour la jeunesse laotienne et sont sources de revenus pour l’Etat laotien, et ce dans le souci d’une gestion durable des ressources.

Richesse des acteurs français de l’aide au développement

La qualité d’une relation n’est pas uniquement affaire de millions, mais c’est aussi, et avant tout, une question de partenariat. La France, dans sa diversité, est mobilisée, avec et au Laos.

La spécificité de notre action par rapport à certains de nos partenaires est marquée par notre ancrage au Laos, notre volonté de collaborer au jour le jour avec vous. La présence permanente de Institut Français du Laos, l’espace Campus France qui ouvre aux étudiants laotiens les portes de l’enseignement supérieur français, des centres de recherche que sont le CIRAD, l’IRD ou encore l’EFEO, le Lycée Josué HOFFET, près de 15 ONGs installées et près de 50 actives au Laos en est l’illustration.

Priorités de la contribution française au développement

Notre premier domaine d’intervention n’est pas un secteur en tant que tel, c’est celui du capital humain. La recherche, l’enseignement supérieur, les bourses, la francophonie et le multilinguisme et la culture représentent, cumulés, près de 40 % de notre aide en 2013.

Cette aide, nous proposons de la poursuivre car elle est, à notre sens, le meilleur moyen de vous aider dans la préparation de votre future sortie de la liste des PMA d’ici 2020 et à l’ouverture économique continue du pays. Cette voie courageuse choisie par le gouvernement laotien, celle de l’ouverture, nécessite, et nécessitera encore plus demain, non seulement des ressources naturelles mais surtout des ressources humaines et des savoirs.

Le second secteur (21% de l’APD en 2013) est celui de la santé, secteur historique du partenariat franco-laotien. Notre action en la matière va connaitre une évolution. Le volume de cette aide devrait légèrement diminuer et les projets strictement bilatéraux de l’AFD et de mon Ambassade vont laisser la place à des mécanismes d’appui bilatéraux en soutien à des fonds multilatéraux et en particulier le Fonds Mondial. Ce sujet sera traité plus tard dans la matinée.

L’agriculture et le développement rural représente aussi un secteur historique et un pivot de notre présence avec près de 10 % de notre APD. L’engagement de l’AFD a été renouvelé pour les années à venir lors de la visite présidentielle de 2013, et cette aide va donc s’accroître en volume. Parallèlement, de nouvelles initiatives sont envisageables telle une intervention dans le secteur de l’irrigation.

Le développement urbain est toujours un volet important de notre action, mené par l’AFD. Nos décaissements dans ce secteur restent importants, comme en témoignent les plus de 2 Meuros décaissés en 2013. Néanmoins, ce secteur est bien évidemment le premier à être destiné à un futur basculement sur les prêts quand cela sera possible.

Enfin, la gouvernance démocratique. C’est un secteur prioritaire de notre action et qui continuera à l’être dans les années à venir, car cette gouvernance, l’état de droit, ne sont pas seulement des objectifs de développement mais avant tout les conditions d’un développement inclusif.

Pour conclure, je vous remercie toutes et tous de votre mobilisation pour cette journée qui je n’en doute pas, permettra d’approfondir et de questionner ce premier bilan et les propositions que je viens de présenter.

Je vous souhaite à tous des débats ouverts et fructueux.

Dernière modification : 11/06/2014

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