Déclaration de l’Ambassadeur de France lors de la Table ronde des bailleurs (RTM) 2013

Mardi 19 novembre, à l’occasion de la Table ronde des bailleurs (RTM) 2013, l’Ambassadeur de France au Laos a fait la déclaration suivante lors de la session consacrée à la gouvernance.

1/ Je remercie le gouvernement de la RDP lao de la bonne organisation de cette table-ronde et je me réjouis de retrouver ce Centre national de conventions où le Président de la République française, M. François Hollande, s’est exprimé lors de sa participation au sommet de l’ASEM il y a un an, la première visite au Laos d’un Président français. Je remercie également les autorités laotiennes d’accueillir la semaine prochaine, ici-même, la semaine franco-laotienne, contribution des entreprises françaises et européennes à l’investissement de qualité, créateur de valeur ajoutée et d’emplois pour les Laotiens que plusieurs membres du gouvernement ont appelé de leurs vœux.

2/ Inutile de le préciser, je suis totalement en accord avec les points de vie exprimés par l’Union européenne dans la déclaration écrite – j’ignore si elle a effectivement été publiée sur le site de cette réunion puisque on ne nous a pas permis l’accès par wifi à internet, j’en tiens des copies à la disposition de nos collègues. Et je suis également en accord également avec sa déclaration orale de ce matin.

3/ Mon intervention, dans ce contexte, porte sur un sujet auquel la France accorde une importance particulière, la gouvernance. C’est pourquoi nous aussi contribuons au schéma directeur de la justice (LSMP) avec l’UE et le PNUD, bien que seul celui-ci soit mentionné dans le document présentant le projet. Nous avons engagé sa mise en œuvre avec les autorités compétentes : affaires intérieures, justice, cour suprême, barreau car nous considérons que son succès est de première importance. En fait, la plupart des questions évoquées depuis ce matin, notamment les OMD, reviennent à des questions de gouvernance.

Avec l’expertise de juges, procureurs et avocats français, nous voulons établir un institut national de formation judiciaire permettant d’assurer une meilleure formation initiale et continue aux professionnels du système juridique. C’est à nos yeux le moyen d’assurer un traitement équitable de tous les citoyens, quel que soit leur groupe ethnique, social, régional ou sexuel. Ce sera un pas décisif pour la société civile sur laquelle nous voulons continuer de nous appuyer.

3/ Pourquoi la société civile ? Nous pourrions concentrer notre action sur des secteurs économiques rentables, énergie, industrie, et bien sûr nos entreprises y travaillent avec acharnement, contribuant ainsi au développement économique de ce pays.

Mais les Français et les Européens estiment qu’il n’y a pas de développement durable sans une appropriation par les citoyens. C’est pourquoi nous soutenons financièrement au moyen d’un fonds spécifique les ONG, laotiennes et internationales. J’ai été enchanté de les entendre s’exprimer ce matin et j’en remercie le gouvernement.

Cependant, je dois malheureusement témoigner de la dégradation, depuis la dernière RTM, du climat tel que le perçoivent les ONG. L’interprétation des règles par les autorités locales se traduit parfois par des tracasseries administratives qui s’écartent de la loi nationale. Que cela soit ou non une coïncidence, cette atmosphère dégradée a correspondu avec la disparition de M. Sombath. Qu’il soit bien clair que déplorer cette disparition n’est pas un mantra que l’on répéterait à plaisir, mais le témoignage de cette inquiétude qui empêche la société civile de jouer pleinement le rôle de coopération dont nous avons besoin.

Je remercie le secrétaire général du MAE de nous avoir déclaré que le gouvernement laotien se fixait comme objectif d’arrêter les coupables et les traduire en justice, c’est un message très encourageant.

Ma seule question – comment le gouvernement compte-t-il améliorer la situation des ONG ? - a déjà trouvé un début de réponse de la part de SEM Thongloun Sisoulith, vice-premier ministre, qui a annoncé une consultation en janvier avec les ONG sur les lignes directrices (« guidelines »).

Je suis confiant dans la volonté du gouvernement laotien ce traiter ces questions et de les résoudre, dans l’intérêt de sa réputation internationale.

Merci de votre attention.

Dernière modification : 20/11/2013

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