Pour une "équipe de France de l’export"

Lundi 13 octobre 2014, M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, est intervenu sur le thème de la diplomatie économique au cours du séminaire international du Mouvement des entreprises de France.

Le ministre a tout d’abord rappelé les lignes directrices de la diplomatie française : « assurer la sécurité et la paix », « organiser et préserver la planète », « relancer et réorienter l’Europe » ainsi qu’ « agir pour le redressement et le rayonnement de notre pays ». La France demeure l’un des rares pays à bénéficier d’une influence mondiale et « d’outils globaux » (puissance militaire, économique et culturelle ainsi que membre permanent du Conseil de sécurité) dans une période où aucun véritable pôle n’émerge.

Pour soutenir notre économie, M. Fabius a indiqué souhaiter mettre également l’accent sur la « diplomatie économique » . Des mesures ont ainsi été prises afin d’appuyer les entreprises françaises dans la concurrence internationale, comme la création de la Banque publique d’investissement (BPI). Certaines initiatives syndicales et patronales vont également dans le sens du renforcement de notre compétitivité.

La notion de diplomatie économique implique également que le Quai d’Orsay, à Paris et via les ambassades sur le terrain, accompagne les entreprises. « Cela signifie une organisation différente : créer une direction qui s’occupe des entreprises ; dans chaque direction verticale, avoir maintenant quelqu’un qui s’occupe d’économie et demander à un secrétaire général adjoint qui vient du ministère des Finances de s’occuper d’économie » afin que « l’entreprise puisse s’adresser à nous et qu’elle voie qu’on est là pour l’aider et qu’on l’aide effectivement. »

Le ministère a également entrepris de « modifier la répartition des effectifs », avec des accents géographiques différents selon les évolutions anticipées. Ainsi, pour favoriser les exportations, M. Laurent Fabius a rappelé l’importance d’un travail en étroite relation avec le MEDEF et les Chambres de commerce au sein des différents pays, afin qu’il y ait une « équipe de France de l’export ». La nomination de représentants spéciaux, comme celle de M. Varin pour la zone ASEAN (650 millions d’habitants), participe de ce mouvement.

M. Fabius a indiqué vouloir éviter la « segmentation » des administrations. Le rattachement du commerce extérieur et du tourisme aux attributions du ministère permet au Quai d’Orsay de former un pôle « Action extérieure de l’Etat » cohérent. La fusion des deux entités UBIFRANCE (qui aide les petites et moyennes entreprises à développer leurs exportations) et AFII (qui cherche à favoriser les investissements étrangers en France) va également dans ce sens, tout comme leur rapprochement avec la SOPEXA (qui fait la promotion de l’agroalimentaire, « un marché très important pour le futur »).

Le ministre a par ailleurs présenté la création de « fédérateurs de familles pour l’export » , visant à repérer « six familles de produits ou de filières qui nous semblent particulièrement prometteuses » afin de mieux coordonner leur offre. Il s’agit de la santé, des filières de la ville durable (l’architecture, l’environnement, l’eau), des technologies de l’information, de l’agroalimentaire, de l’industrie culturelle et créative ainsi que du tourisme.

M. Laurent Fabius a enfin précisé que l’attractivité constituait un tout : « pour accompagner les investissements étrangers, il y a beaucoup de potentialité mais encore faut-il accueillir les investisseurs comme il le faut, promouvoir les jeunes entreprises innovantes. À tous mes ambassadeurs, je demande d’aider au développement de la présence française dans leur pays de résidence car ils sont là pour appuyer nos entreprises. Mais aussi, je leur dis de veiller à développer l’investissement étranger en France qui lui-même est un facteur d’exportations et de créations d’emploi. »

En conclusion, le ministre a souligné le rôle que poursuivait le ministère des Affaires étrangères et du Développement international auprès des entreprises : « L’administration, en général et en particulier celle que je dirige, est au service des entreprises. Il n’y a pas d’un côté les entreprises et de l’autre l’administration. Ce sont les entreprises qui créent la richesse et les administrations, en particulier celle du Quai d’Orsay, sont à votre écoute pour vous soutenir. »

Dernière modification : 28/10/2014

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