Discours de l’Ambassadeur à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie

A l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, célébrée chaque année le 20 mars, l’Ambassadeur de France M. Yves Carmona participait ce jour aux festivités organisées par le gouvernement laotien dans l’enceinte de l’Université nationale du Laos.

Les étudiants de l’Université ainsi que les élèves des classes bilingues avaient préparé plusieurs animations : danse traditionnelle, pièce de théâtre, chant, récitation de poèmes, défilé de mode.

Avant d’assister en compagnie des personnalités politiques présentes aux spectacles proposés par les jeunes francophones, M. L’Ambassadeur a prononcé le discours suivant :

Son Excellence Monsieur Phongsavath Boupha, ministre auprès du Président de la République, ministre de la francophonie,
Excellences Messieurs les vice-ministres et ambassadeurs,
Messieurs les vice-présidents de l’Université nationale du Laos,
Mesdames et Messieurs les Doyens,
Chers amis,

Nous voici, comme chaque année, réunis pour célébrer la francophonie. Je me réjouis de retrouver cet amphithéâtre, lieu de transmission des connaissances tourné vers le progrès économique du Laos. La francophonie, en effet, en est un instrument de promotion.

Car la langue française que nous avons en partage est présente sur les 5 continents et selon certains démographes, elle comptera 750 millions de locuteurs en 2050 dont une grande majorité en Afrique.

La langue française, c’est le lien qui unit 80 pays dans une palette de cultures qui se croisent, se mélangent, s’enrichissent sans jamais avoir à se renier car elle est respectueuse des identités propres à chaque nation, y compris bien sûr le Laos.
La francophonie est bien vivante ici grâce à notre histoire commune qui comporte beaucoup de belles pages - et il en reste beaucoup d’autres à écrire.
Il suffit pour s’en convaincre de se promener dans les rues, dont beaucoup de noms sont encore en français, de même qu’une partie des bâtiments publics. Le français y est toujours parlé, par les personnes âgées et aussi par les jeunes grâce notamment à des programmes ambitieux que votre gouvernement a mis en place, parfois avec l’aide de la France, en faveur de l’enseignement du et en français, je parle bien sûr des classes bilingues et de l’enseignement généralisé du français langue vivante 2.

Mais ne nous y trompons pas : la place et le rôle du français restent à défendre.
L’intégration du Laos au sein de l’ASEAN rend nécessaire l’apprentissage de l’anglais. Nous connaissons le même phénomène en France où un ministre déclarait il y a quelques années que l’anglais n’était plus une langue étrangère mais un apprentissage de base indispensable, auquel il fallait ajouter au moins une autre langue.
Nous pratiquons le multilinguisme au Laos, dans nos établissements linguistiques et culturels.
À l’Institut français du Laos, nous enseignons aussi le lao et l’anglais. Au lycée français Josué-Hoffet — et c’est pour moi l’occasion de remercier les autorités laotiennes qui ont autorisé la signature, ce mercredi, du contrat de concession qui va permettre son extensioin - sont enseignés le français bien sûr mais aussi le lao, l’anglais, le chinois et l’espagnol.

Dans les classes bilingues de Luang Prabang, de Paksé, de Savannakhet, de Vientiane, plus de 3000 élèves savent que l’apprentissage du français ne se fait pas au détriment de l’anglais, que l’apprentissage du français ouvre des portes.
Non seulement ils le savent, mais ils le prouvent, année après année, par l’excellence de leurs résultats au concours d’entrée à l’université.
Et si le français leur ouvre les portes des études supérieures au Laos, le français leur ouvre aussi les portes d’études supérieures en France. C’est le cas pour les 7 lauréats qui seront sélectionnés dans le cadre des Bourses d’avenir, un programme novateur monté entre l’Ambassade de France et l’entreprise NTPC. 7 élèves qui vont partir 2 ans en France, étudier dans un Institut universitaire technologique de haut niveau, pour revenir au Laos travailler dans l’industrie hydro-électrique au bénéfice du développement du pays.

Le français ouvre des portes. Le français ouvre les portes des marchés francophones d’Europe, le français ouvre les portes des marchés francophones d’Amérique du Nord, le français ouvre les portes des marchés francophones d’Afrique, l’Afrique bien sûr ; mais aussi en Asie car il n’est pas réservé aux pays membres de l’OIF. Aux portes mêmes du Laos, dans les deux pays les plus peuplés du monde, la Chine et l’Inde, on apprend de plus en plus le français et même si 1% seulement de Chinois ou d’Indiens sont francophones, rapportés à leur énorme population, cela fait des dizaines de millions !

Dans cette belle entreprise, l’Ambassade de France reste et restera à vos côtés, avec son expertise, des moyens repensés et – nous l’avons vu — des dispositifs innovants, pour vous aider à ce qu’ensemble, nous continuions à faire de la langue française un outil au service de votre développement.

Il est temps de laisser sa place au spectacle que vous avez préparé mais je vais signaler encore avec 3 événements exceptionnels qui vont se dérouler à l’Institut français :
Tout d’abord, dès demain, samedi, se tiendra une grande après-midi francophone, festive, ludique, culturelle, à laquelle nous espérons vous revoir en nombre dès 14 heures.
Puis, lundi, un chanteur burkinabé, Alif Naaba, y donnera un concert à ne pas manquer. Rendez-vous à 19 heures pour cette grande fête musicale.
Enfin, mardi, à 18 heures, c’est l’Académicien Érik Orsenna, chantre de la langue française, qui tiendra une conférence sur l’enjeu géopolitique majeur que constituent les fleuves aujourd’hui. La langue française, outil de réflexion au service du développement, nous y sommes revenus.

Merci.

Dernière modification : 23/03/2015

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