"Parler français, c’est parler la langue de la liberté"

Le Président de la République française s’est exprimé le 30 novembre 2014 à l’occasion de l’ouverture du XVème Sommet de la Francophonie.

  • A propos de la communauté francophone

« Nous formons une communauté exceptionnelle, nous les francophones. 57 États membres, 20 observateurs, près de 280 millions de locuteurs. Une communauté dont nous ne mesurons pas toujours et la force et l’attractivité. Une communauté qui porte des ambitions, des ambitions politiques, économiques, planétaires. Une communauté qui résoud aussi des crises, qui fait en sorte que les valeurs que nous portons puissent être défendues, dans l’espace francophone et au-delà », a déclaré le chef de l’Etat.

  • Sur les valeurs de la Francophonie

Rappelant que « la langue française c’est aussi un trait d’union, un trait d’union entre des peuples, entre des continents », M. François Hollande a souligné les valeurs de la francophonie : « pour beaucoup de peuples, parler français, c’est parler la langue de la liberté  ».

Le français possède ainsi une valeur culturelle : « Défendre le français, c’est protéger la diversité culturelle. Défendre le français, c’est faire en sorte que ce patrimoine-là ne soit jamais entamé. Défendre le français, c’est considérer que la culture est un bien public universel ». « Défendre le français, c’est promouvoir le pluralisme linguistique. […] La francophonie doit être le fer de lance de cette lutte, notamment dans les organisations internationales ».

Le Président de la République a également souligné le lien indéfectible entre le français et la démocratie : « Défendre le français, c’est aussi affirmer des valeurs. Et la première d’entre elle, c’est la démocratie ».

« La Francophonie est soucieuse des règles de la démocratie, de la liberté du vote, du respect des ordres constitutionnels et de l’aspiration des peuples, de tous les peuples, à des élections libres. Cet accomplissement, cette transition doivent également servir de leçon. Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie ».

  • Sur le lien entre Francophonie et développement

M. Hollande a également insisté sur le rôle que doit jouer la Francophonie pour favoriser l’éducation et l’égalité homme-femme  :

« La Francophonie, c’est un programme, ce n’est pas simplement une organisation. Ce programme doit être celui de l’éducation, de la formation des jeunes et notamment des jeunes filles puisque c’est aujourd’hui la priorité que se donne notre organisation ».

« Les femmes sont les leviers du développement, elles doivent donc pleinement accéder au processus productif, à l’emploi. Les femmes, elles ne doivent plus être soumises à des pratiques qui sont contraires à leur dignité et j’allais dire aussi, à la nôtre. Les mariages forcés, les retraits de l’école, les mutilations sexuelles. Tout cela n’a pas sa place dans l’espace francophone, ni nulle part ailleurs dans le monde. »

Plus généralement, le Président a évoqué le lien entre francophonie et développement :

« La France considère que la francophonie peut avoir une « nouvelle frontière », la frontière économique. Que nous pouvons ensemble partager la culture, faire venir davantage de créateurs partout dans l’espace francophone, qu’il s’agisse de cinéma, de théâtre, de tous les arts, de toute la création partout dans l’espace francophone. Nouvelles frontières aussi pour le tourisme, pour le numérique, pour la santé, pour la recherche et même pour la finance. Il n’y a aucune raison que nous ne soyons pas aussi dans l’espace francophone, capables de développer de nouveaux instruments financiers au service du développement. »

  • Sur l’avenir de la Francophonie

Le chef de l’Etat a insisté sur le rôle important que la Francophonie est appelée à jouer et les défis qui l’attendent dans les années à venir.

« Notre francophonie doit accueillir plus d’étudiants, permettre plus de circulation, plus de mobilité pour les jeunes, pour les entrepreneurs, pour les chercheurs. La France doit d’abord montrer l’exemple et c’est ce qu’elle a commencé de faire à travers la délivrance des visas de circulation et l’accueil de nombreux étudiants étrangers ».

« Il y aura en 2050,[…] 750 millions de locuteurs en français. La jeunesse du monde sera pour une grande partie francophone. A nous, à nous tous ici rassemblés, de permettre à ces jeunes, non pas simplement de parler français, mais d’être éduqués en français, d’être accompagnés et d’être formés en français. De pouvoir trouver des emplois pour pouvoir accéder aux technologies, pour pouvoir bénéficier de la meilleure capacité à réussir leur vie.  »

Dernière modification : 03/12/2014

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