Premier discours de M. Yves Carmona à l’occasion du 14 juillet

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"Excellences, M. Bountièm PHISSAMAY, ministre auprès du Gouvernement ; Mme Southone SAYACHACK, vice-ministre des affaires étrangères, Messieurs les Ministres et Vice-Ministres, Excellences, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et membres du corps diplomatique
Mesdames et messieurs, chers amis.

Ce soir nous célébrons la fête nationale de la République française.

C’est en effet le 14 juillet 1789 que le peuple de Paris prit d’assaut ce symbole de la tyrannie qu’était la Bastille, premier acte de la Révolution française.
Aujourd’hui, la Révolution n’est plus à l’ordre du jour, tout au moins en France, mais nous vivons une sorte de révolution permanente, un monde qui change très vite, trop vite peut-être pour certains : économie mondialisée, mouvements massifs de population, crises financières qui n’épargnent plus aucun pays, échange instantané d’informations, d’idées, de revendications politiques grâce à internet, cultures et langues sans frontières...

Nous qui sommes assemblés ici avons tous à faire avec ce changement permanent.
L’ambition de la France est de préserver de la cohérence, de la paix, de la justice sociale, de l’équilibre dans ce mouvement vertigineux.
Préserver, développer, faire triompher les valeurs de la devise républicaine : liberté, égalité, fraternité. C’est l’ambition du Président de la République, M. François Hollande, élu au mois de mai de l’année dernière, élection célébrée, ce n’est pas un hasard, place de la Bastille, et c’est bien celle de son gouvernement et notamment du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius.

C’est dans la défense de ces valeurs que s’inscrivent les relations de la France avec la République démocratique populaire Lao, qui ont connu depuis un an de remarquables développements.

Permettez moi tout d’abord de rappeler la visite historique en République démocratique populaire Lao, la première d’un Président de la République française, de M. François Hollande le 5 novembre 2012 à l’occasion du sommet de l’ASEM. 
Elle a permis de souligner l’excellente qualité de nos relations de coopération et d’investissement productif.
La France soutient de longue date le développement de la République démocratique populaire Lao dans de nombreux domaines : l’agriculture, la santé, la gouvernance, le patrimoine, l’enseignement supérieur, la francophonie, la recherche.
Que ce soit à titre bilatéral ou à travers les organisations multilatérales auxquelles elle contribue, de l’Union européenne au Programme des Nations Unies pour le développement en passant par l’Organisation internationale de la francophonie et l’agence universitaire de la francophonie, sans oublier les organisations régionales comme la Banque asiatique de développement, l’ASEF ou la commission régionale du Mékong, la France consacre bon an mal an à la République démocratique populaire Lao quelque 26 millions de dollars.
Ainsi la rencontre présidentielle a été l’occasion de voir nos deux ministres des affaires étrangères, leurs Excellences MM Thongloun Sisoulith et Laurent Fabius, signer la convention de financement, pour un million d’euros, de la contribution française au schéma directeur de la justice.

Cette rencontre a également permis d’avancer sur plusieurs dossiers bilatéraux sensibles, en particulier celui de l’adoption, pour lequel la France aide la République démocratique populaire Lao à mettre en place un régime conforme aux normes internationales, ainsi que celui de l’extension du lycée Josué Hoffet pour lequel l’acquisition, moyennant une concession de longue durée, d’un terrain de bonne taille est maintenant sur le point de se conclure.
Et puis le sommet de l’ASEM a donné l’occasion au Président Hollande, pour son premier voyage officiel en Asie, de rencontrer sept autres chefs d’Etat et de gouvernement, y compris dans cette résidence.
A ce voyage du Président de la République française ont succédé plusieurs visites laotiennes en France : celles de leurs excellences les vice-premier ministres Somsavad Lengsavad en avril et Thongloun Sisoulith en juin,
celle du ministre de la Santé, S.E.M. Eksavang Vongvichit au mois de mai.
Son excellence le ministre des transports Sommad Pholsena s’est rendu en juin au Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace du Bourget et a aussi marqué son très fort intérêt pour l’organisation du transport urbain dans les métropoles françaises, gage de coopérations futures à n’en pas douter.

Le développement du tourisme en République démocratique populaire Lao auquel ont contribué 47 000 Français en 2012 - beaucoup et encore trop peu - ce développement devra à l’avenir reposer sur d’authentiques labels de qualité internationalement reconnus.
Tous les atouts sont là : la beauté du pays, la richesse de ses paysages et de son patrimoine, la simplicité de ses habitants et les progrès de son secteur de l’accueil dans lequel excèlent un grand nombre de nos compatriotes, tout est là, pour peu que le développement de vols long-courriers grâce à Airbus ainsi que de moyens de transport intérieurs rapides et sûrs - je pense à ATR comme au transport terrestre - ouvrent le voyage à des touristes de plus en plus nombreux à la recherche de séjours authentiques de haute qualité.

Aux échanges gouvernementaux, il faut ajouter les relations entre collectivités territoriales, notamment la présence, à l’occasion du bureau de l’Association internationale des maires francophones, du maire de Paris, M. Bertrand Delanoé et bien sûr l’ami fidèle de la République démocratique populaire Lao, ancien sénateur et maire adjoint de Chinon, qu’est M.Yves Dauge. Les parlementaires, je l’espère, ne seront pas en reste avec la venue probable d’ici la fin de l’année des membres du groupe d’amitié sénatorial.

C’est dans cet environnement favorable que se développent les relations personnelles entre nos deux peuples, qu’elles soient individuelles ou articulées sur des ONG dont certaines sont présentes de manière permanente en République démocratique populaire Lao et d’autres reviennent année après année comme Médecins du monde, Tetratkys ou Avocats sans frontières.
La chaleur, l’intensité, la fécondité de ces relations humaines constitue la clé du développement de notre avenir commun. En témoigne le rayonnement culturel et linguistique de la France dans ce pays membre de la Francophonie.
C’est parce qu’ils avaient été émus en 2012 par l’accueil laotien que les choeurs de l’Opéra de Paris ont voulu absolument revenir dans ce pays en 2013 et nous offrir, en collaboration avec des artistes laotiens, des spectacles de grande qualité. Le jeune styliste laotien Nitaya, installé à Paris, est venu deux années de suite organiser des défilés de mode à Vientiane.
On pourrait citer d’autres créations communes, [comme une pièce de théâtre sur les mythes de la métamorphose dans les cultures laotienne et celte, entre le Théâtre Piba de Quimper et la troupe laotienne de théâtre d’objets Khao Niew maintenant reconnue et qui sera bientôt programmée dans des salles de spectacle en Françe, et en Europe].
J’observe que malgré certaines critiques récentes, la conception française de l’exception culturelle n’est en rien réactionnaire, elle est au contraire tournée vers l’avenir et la diversité des autres cultures !

Malheureusement, je dois déplorer l’inquiétude qui s’est emparée des organisations de la société civile, dont nous sommes proches et avec lesquelles nous travaillons en confiance, depuis la disparition encore inexpliquée de M. Sombat Somphone. Celui-ci avait joué un rôle positif dans l’organisation du forum des peuples qui nourrissait les espoirs d’une plus grande ouverture.

Nous partageons l’angoisse de sa famille et de ses proches et nous espérons qu’il leur sera rendu le plus vite possible.

C’est bien parce que le République démocratique populaire Lao est pour la France plus qu’un pays parmi d’autres que tant d’entrepreneurs français s’y sont établis.
Certains de longue date, d’autres tout récemment comme Essilor, suivant de près la Banque franco-lao, deux fleurons du savoir-faire français transplanté dans ce pays ; et bien d’autres vont suivre, je n’en doute pas, tant sont nombreuses les missions d’information effectuées par des grands noms de l’économie française.

La France est déjà le 5ème investisseur en République démocratique populaire Lao – on sait la part qu’y prend le grand barrage de Nam Theun 2 - et nous avons l’ambition de progresser et surtout de diversifier encore, comme en augure bien le partenariat conclu entre EDL et Citelum.

C’est pour magnifier la relation franco-laotienne dans toutes ses dimensions, économique, scientifique, culturelle, linguistique et même sportive, c’est pour lui faire franchir une nouvelle étape à la hauteur de l’intégration du République démocratique populaire Lao au grand marché de l’ASEAN en 2015 que nous avons décidé d’instaurer un événement sans précédent dans ce pays, "les rendez vous de Vientiane".
Ces rendez vous émailleront la dernière semaine de novembre, entre les fêtes du That Luang et la fête nationale. Organisée conjointement par la communauté d’affaires française et européenne et cette ambassade, avec le soutien des autorités laotiennes, cette semaine a l’ambition d’attirer à Vientiane de nouveaux investisseurs, de nouveaux talents, de nouveaux rêves.

Préfigurant l’étroite solidarité qui prévaut entre nous, la célébration ce soir de notre fête nationale a été rendue possible par les contributions des entreprises françaises et laotiennes partenaires dont les noms figurent sur votre programme et que je remercie pour leur générosité et leur civisme."

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Dernière modification : 18/07/2013

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