Réception de départ de l’ambassadeur de France et son épouse

L’ambassadeur de France en RDP Lao, M. Yves Carmona et son épouse Rika ont organisé une réception marquant la fin de leur séjour au Laos. Parmi les nombreux invités qui ont bravé le mauvais temps ont été remarquées plusieurs hautes personnalités laotiennes.

L’ambassadeur a prononcé le discours suivant.

Chers amis,

Tous ceux à qui je dis au revoir me répondent : « déjà ! » et je les crois sincères. C’est vrai, ces trois années pendant lesquelles nous avons séjourné à Vientiane, Rika et moi, ont passé rapidement. Et pourtant, à la lecture de la liste des ambassadeurs de France à l’étranger, je constate que je fais partie des 20 plus anciens dans leur poste. C’est dire que nos rotations sont devenues fort rapides.

A la fin de cette mission et sans prétendre en tirer moi-même le bilan, je dois en souligner les points forts. Nos relations politiques bilatérales ont été rehaussées par les deux visites présidentielles, celle du Président Hollande à l’occasion du sommet de l’ASEM, le 5 novembre 2012 – et certains d’entre vous se souviennent de cette fin de journée au cours de laquelle il s’est exprimé à cette même place avant de prendre un bain de foule parmi les Français conviés. Et puis un an après, du 21 au 25 octobre 2013, celle en France du Président Choummaly Sayasone, déjà devenu familier au point d’être accueilli à bras ouverts sur le perron de l’Elysée.

C’étaient historiquement les deux premières visites de Présidents français et laotien chez leur partenaire. L’impulsion qu’elles ont donnée se fait encore sentir. Ainsi la dernière visite venue de France que j’ai eu le plaisir d’accueillir était celle du directeur de l’Ecole Nationale de la Magistrature afin d’évaluer les premiers résultats d’un projet signé il y a 3 ans par nos deux ministres des affaires étrangères en présence des Présidents, la création de l’institut de formation judiciaire. Son évaluation a été très positive et cela doit nous conduire à prolonger cette action appréciée de nos amis laotiens, comme chaque fois que nous mettons à leur disposition notre expertise.

Bien entendu, les investissements de nos entreprises contribuent largement au développement. Le plus connu, nous en sommes fiers, c’est le barrage de Nan Theung II, qui reste le plus puissant du Laos et qui est considéré mondialement comme un modèle de responsabilité sociale et environnementale, malgré certaines critiques pas toujours de bonne foi. Nous sommes convaincus que l’exploitation maîtrisée de l’hydroélectricité constitue un des moyens les moins dommageables, notamment au regard du réchauffement climatique, de produire l’énergie dont le monde a besoin. Nous sommes fiers aussi de contribuer à la surveillance du fleuve Mékong, y compris actuellement grâce à la Compagnie Nationale du Rhône à l’occasion de la construction du barrage de Xayabouri. Je participerai à la réunion à Lyon le 15 octobre de l’observatoire des grands fleuves présidé par l’écrivain Erik Orsenna, un de nos visiteurs les plus illustres ces derniers mois.

Le soutien à une agriculture de qualité, notamment l’agriculture de conservation, fondée sur un travail minutieux, respectueux des conditions écologiques, participe de la même démarche. Je sais que les autorités laotiennes apporteront leur contribution au succès de « Paris climat 2015 » en évoquant ces diverses actions qui concourent à préserver notre atmosphère.

Bien d’autres domaines d’expertise mise en commun doivent être mentionnés : la réhabilitation et la mise en valeur raisonnée du patrimoine, notamment à Luang Prabang et Vat Phu, la coopération dans le domaine de l’aviation civile, les nombreuses actions pas forcément spectaculaires mais très appréciées dans le domaine de la santé publique, souvent portées par des bénévoles avec l’appui de collectivités territoriales, le soutien à l’enseignement du français à travers les classes bilingues mais aussi le lycée Josué Hoffet.

Je m’arrête un instant sur celui-ci car s’il y a un résultat dont je suis fier, c’est d’avoir réussi à débloquer la difficile question de l’extension du lycée, engagée depuis 8 ans .
Il a fallu deux visites présidentielles et d’innombrables entretiens avec les ministres, et même un « lamvong » avec l’un d’entre eux pour arriver à faire entendre que l’extension du lycée Josué Hoffet constitue un avantage pour le Laos, dont les enfants représentent 35% des élèves, comme pour la France. Ensuite, un dialogue très pragmatique avec la mairie de Vientiane, que j’en remercie, a permis de conclure la prise en concession d’un nouveau terrain sur lequel un bâtiment supplémentaire permettra en 2017 de décongestionner l’établissement.

Le soutien à la formation aura ainsi été à mes yeux le sujet central de ma mission au Laos. Le ministre des affaires étrangères et du développement international, M. Laurent Fabius, avait pris l’engagement en recevant le Vice-premier ministre, SEM Somsavat Lengsavad, d’augmenter de 50% le nombre de bourses. Mission accomplie, grâce à un partenariat exemplaire avec des entreprises, pour commencer NTPC, et je suis sûr que d’autres vont suivre ; grâce aussi au dévouement d’amis issus de la société civile dans le domaine de la restauration et, prochainement, de la mode.

La formation était également au cœur du projet d’Essilor, dont l’usine de Savannaket est une des plus belles réalisations de ces dernières années et l’entreprise a su y consacrer les moyens nécessaires afin de former au travail industriel des ouvrières issus du monde rural.

La formation aussi, celle des élites dirigeantes, à travers le cycle de conférences économiques dont j’ai pris l’initiative et dont le succès sera, je l’espère, prolongé par l’ECCIL qui en a le projet. Je salue le rôle joué à la tête de notre chambre de commerce européenne par des chefs d’entreprise français, notamment ceux d’AGL et la Banque franco-lao, et le soutien financier apporté désormais par l’Union européenne.

A travers toute mon action ici, je me suis efforcé de mobiliser le meilleur parmi nos interlocuteurs, de leur dire la vérité même quand elle n’est pas agréable. Je suis convaincu qu’elles ont apprécié ma franchise, contrepartie normale de l’amitié. Nous n’avons jamais caché notre désagrément devant les entraves mises à l’action émanant des organisations de la société civile. Il s’agit bien sûr de celui qui a disparu et dont, inexplicablement, on ne retrouve pas la trace, mais aussi des tracasseries bureaucratiques à l’encontre de toutes celles qui travaillent avec notre soutien dans des conditions difficiles.

Le Laos change avec son temps, il a l’ambition de continuer de progresser afin de rattraper à terme les pays industrialisés. Il a bien des atouts pour cela à commencer par la grande diversité de sa population, de sa culture, de ses talents. J’ai l’espoir que l’année 2016, avec les changements déjà engagés au sein du gouvernement et la Présidence de l’ASEAN, conjuguée avec les débuts de la communauté économique et du 8ème plan confirme et accentue cette perspective de modernisation.

Enfin, à l’occasion de cette dernière grande réception à laquelle elle a encore mis la main à la pâte, je me dois de remercier Rika qui, à mes côtés, a assumé une autre mission tout aussi importante : que cette Résidence soit plus que jamais à la hauteur de la réputation gastronomique française !

Merci à tous de votre présence fidèle et vive l’amitié franco-laotienne !

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Vous pouvez télécharger les traductions du discours en anglais et en lao :

PDF - 63.6 ko
2015.09.17 Discours réception d’au revoir LAO
PDF - 275.5 ko
2015.09.16 Discours réception d’au revoir ANGLAIS

Dernière modification : 18/09/2015

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