Rencontre avec Julien Vergne, le réalisateur de Mad Pigeon

Mad Pigeon est une série de courtes comédies déjantées, tournées en Mauritanie, au Sénégal, en France et au Royaume Uni. A l’occasion de leur diffusion au Centre de Langue Française, les 20, 22 et 24 mai, Julien Vergne, le réalisateur a présenté en avant première un nouveau court métrage tourné cette fois au Laos. L’équipe de la France au Laos a pu s’entretenir avec lui.

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Julien Vergne, réalisateur de Mad Pigeon

La France au Laos : Comment en êtes-vous venu à la réalisation de films ?
Julien Vergne : J’étais à Paris, je travaillais dans le multimédia, à l’époque où l’on pouvait avoir gratuitement 150 chaînes de télévision en essai. Après avoir passé un après midi à regarder la télé, je me suis rendu compte que sur toutes ces chaînes, françaises, étrangères, il n’y avait rien d’intéressant, que de l’inutile. Il n’y avait rien qui captait l’attention du public en dehors de jeux télé à grande audience. J’ai donc voulu tourner mes propres films, des petits formats, sans paroles compréhensibles par tous.

FAL : Pourquoi avoir choisi ce format de courts métrages ?
JV : Je voulais concevoir un programme tourné en Afrique qui puisse faire rire jusqu’à l’autre bout du monde. Le court métrage me permet de retranscrire des scènes de la vie quotidienne, c’est comme un laboratoire à virus. Mes films peuvent se projeter partout, ils n’ont pas le temps de gêner.

FAL : D’ou vient le titre de vos films, « Mad Pigeon » ?
JV : Le pigeon est un animal voyageur, un animal parisien, il représente à la fois la bêtise et les voyages. Mad en anglais signifie fou et également furieux, parce qu’un pigeon furieux doit être encore plus bête.

FAL : Comment formez-vous l’équipe qui travaille avec vous, l’équipe technique mais aussi les acteurs ?
JV : Ce sont des rencontres principalement, il m’est arrivé une fois à Dakar d’avoir à demander mais les acteurs sont avant tout des connaissances.

FAL : Vous écrivez les scénario vous-même, d’où vous viennent les idées ?
JV : Parfois les scénario son écris en collaboration avec des amis. Quand je rencontre quelqu’un qui a de bonnes idées, je l’inclus dans l’écriture. Les idées viennent sur place, de ce que l’on voit, je ne pars jamais dans un pays avec une idée de film déjà conçue.

FAL : Comment choisissez-vous les pays dans lesquels vous tournez vos films ?
JV : A l’époque où j’ai commencé à tourner Mad Pigeon, je travaillais en Afrique. La décision de tourner vient avant tout de rencontres. Je passe entre un mois et deux ans dans chaque pays, je voyage lentement. Je suis venu au Laos pour la première fois il y a dix ans avec des amis.

FAL : Depuis vous y êtes revenus, c’est un pays que vous appréciez ?
JV : Oui, j’y suis depuis un an et demi. Au Laos, on a le temps de faire les choses sérieusement, on n’est pas diverti par le futile comme ailleurs. Vientiane est une ville très agréable, mais je pense que c’est une ville qu’il faut quitter le plus souvent possible car il est facile de s’y enterrer, or le Laos c’est beaucoup plus que Vientiane.

FAL : Qu’avez vous pensé de l’accueil du public de Vientiane vis-à-vis de votre film ?
JV : Je ne sais pas, il faudrait leur demander comment ils l’ont trouvé. Il n’y avait pas beaucoup de Laotiens. Le présenter ici m’a permis de le montrer à des gens parfaitement inconnus. Je l’ai diffusé à Bokéo, à un village Hmong, au milieu de la forêt, ça les a fait sourire.

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Julien Vergne lors de la diffusion de Mad Pigeon au Centre de Langue Française

FAL : Le contact avec le public est important pour vous ?
JV : Au Sénégal, ils sont diffusés à la télévision avant le Journal Télévisé, certains sont passés sur Canal+. C’est sûr que c’est plus agréable d’être sur place, de rencontrer le public. Cela me permet de tester mes films. J’ai beaucoup de mal à sélectionner parmi les courts métrages que je tourne, on peut croire parfois que l’un des films est raté et puis à la fin de la séance quelqu’un vous annonce que c’était son préféré.

FAL : Certains de vos films ont un aspect très écologique, vous en êtes conscient ?
JV : Non, par vraiment, l’écologie est une chose tellement normale pour moi. La dépression est un état normal de l’Homme, c’est pour cela que la comédie a un rôle important, l’écologie est pareille, on est tous écolos, on a tous envie de nature, de propreté... Peu de gens prennent du plaisir à polluer. Tous les voyageurs aujourd’hui sont écolos.

FAL : Le court métrage n’est pas forcément très bien reconnu par le grand public, vous n’avez pas envie de vous essayer à autre chose parfois ?
JV : Si bien sûr, je viens de finir un documentaire sur le Laos et je vais bientôt repartir en France pour écrire quelque chose, pour un long métrage.

FAL : D’autres projets ?
JV : J’aimerais faire un film sur un robot en bambou qui ferait ses courses au marché. Je veux passer mon brevet de pilote aussi, je baptiserai mon avion Mad pigeon.

Pour plus d’informations : http://madpigeon.com ; http://julienvergne.com.
A noter : les DVD de Mad Pigeon sont disponibles à la vente sur internet.

Dernière modification : 08/08/2008

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