Sonerila Vatphouensis, une plante nouvelle découverte au Laos [Munzinger, Martin 1998]

La revue scientifique du Muséum national d’histoire naturelle de Paris Adansonia, consacrée à la botanique, a publié en 2000 le compte-rendu de la découverte de Sonerila Vatphouensis, une plante encore inconnue de la famille des Melastomataceae, espèce nouvelle du Laos.

Jérôme Munzinger, botaniste, accompagné de Francis Engelmann, ont découvert cette plante lors d’une expédition à Vat Phou dans le Sud du Laos en fin 1998. Cette mission devait compléter dans le domaine du patrimoine naturel, le travail de recherche archéologique et de protection des ruines du Vat Phou, un temple qui remonte aux origines de l’empire khmer, construit sur les flancs d’une montagne sacrée dominant le Mékong.
Cette petite plante aux fleurs roses violacées d’une dizaine de centimètres de haut a été découverte dans la montagne sur la paroi humide d’une falaise de grès. Les découvreurs ont voulu dédier cette espèce nouvelle au temple de Vat Phou et lui ont donné le nom de Sonerila Vatphouensis.

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La publication de la découverte intervient près de deux ans après le recueil de la plante. Ce délai s’explique par le fait que le botaniste doit d’abord procéder à de longues vérifications pour s’assurer que la plante est bien nouvelle pour la science et n’a pas été décrite auparavant. C’est seulement lorsqu’il a cette certitude qu’il prépare une description détaillée de sa découverte et la présente à une revue scientifique faisant autorité qui la publie plus ou moins rapidement.

Cette découverte est un nouveau résultat positif pour le Muséum national d’histoire naturelle de Paris auquel est rattaché le botaniste découvreur de la plante, et plus largement pour la recherche française au Laos.
Ce résultat est d’autant plus intéressant que cette mission était une mission de reconnaissance rapide et légère devant précéder un inventaire plus exhaustif qui reste encore à faire. Pendant cette mission, cent soixante-deux spécimens ont été récoltés.

Cette découverte dans une série aussi limitée met en évidence l’intérêt de cette mission, d’autant plus que certains échantillons récoltés sont encore en cours d’étude et pourraient révéler d’autres nouveautés. Le recueil sur le site d’un échantillonnage complémentaire plus important apporterait certainement d’autres surprises. La mission de 1998 a été organisée en même temps qu’une mission plus importante de paléontologie organisée par l’association Formation et recherche au Laos, présidée par le Professeur Philippe Taquet, paléontologue au Muséum national d’histoire naturelle. Le financement de la mission botanique s’est faite sans autre support financier que celui de cette association sur fonds provenant en large partie de la Fondation de France.

Il faut espérer que cette découverte incitera la coopération française et l’Unesco qui envisage de classer le site de Vat Phou au Patrimoine Mondial de l’Humanité, à financer d’autres missions permettant de compléter l’inventaire botanique ébauché, de caractériser plus complètement les différentes formations végétales de la zone, de proposer des recommandations solidement fondées aux responsables de la protection et de la gestion de ce site naturel et historique magnifique.

Dernière modification : 24/06/2006

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