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Dans un article paru dans la revue Sud-Est, en août 1950, Marc Leguay présente, avec ses illustrations, sa réflexion sur l’évolution de l’art laotien : sculpture, orfèvrerie et tissage mais aussi art religieux, danse traditionnelle.

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« D’harmonieux rinceaux, aux savants entrelacs, et d’élégantes consoles sont souvent décorées des figures de Nang Naly, princesses fleurs éclosant au crépuscule et que fécondent les génies de la nuit. D’autres sculptures s’inspirent des Nang Kinaly amantes, ou des Phaya Thon, chevaliers errants de l’autre âge.

Aux portes rouges et dorées des sanctuaires, sont peintes des figures dansantes revêtues de parures royales qui symbolisent les gardiens de la porte, les défenseurs de la foi entourés par les nâgas des frontons et des rampes : Dharmapâlas ou Lokapâlas représentés sous leur forme la plus ancienne, sous des aspects contemplatifs, bienfaisants ou terribles, et possédant, croit-on, les six vertus transcendantes qui leur donnent rang de Boddhisatvas. Si farouche que soit leur aspect, ces divinités brahmaniques sont en général bienfaisantes. Leur monture est le lion.

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Adapté à la décoration des socles des meubles, le lion y est représenté la mâchoire mordant la patte, tandis que celle-ci serre la boule : jouet symbolique destiné à amuser et rendre inoffensive cette dangereuse figure.
Les nagâs ne sont autres que les gardiens du monde des eaux représentés sous une forme très ancienne. Le nâga sert de motif à la décoration des planches de rives de la pagode, à celle de la maison où sa stylisation est une réelle élégance. Le luminaire "Hang Hot", le rouet et de nombreux objets l’utilisent, tandis que la pirogue de course l’imite dans sa forme et dans sa souplesse onduleuse.

L’art laotien bouddhique admet donc la plupart des dieux du Panthéon hindou et il a communément représenté ceux qui jouent un rôle dans les légendes ou dans le culte. »

© Marc Leguay - reproduction strictement interdite

Dernière modification : 24/06/2006

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