Vientiane : le vat Simuang

Pendant les mois de mousson (d’avril à septembre), les inondations rendent difficiles les promenades en dehors de la capitale. Il est alors préférable d’effectuer des excursions dans les environs de Vientiane, la visite du Vat Simuang est particulièrement indiquée.

Moins connu que le Wat PHRA KEO et que le Wat SISAKET, le Wat SIMUANG présente néanmoins un intérêt tout particulier(1).

Fondé en 1563 sous le règne du Roi Setthathirat, il a été détruit par les Siamois en 1828, comme la plupart des autres temples de Vientiane, reconstruit en 1915 et allongé en 1960. Il est actuellement en bon état, (trop) bien entretenu. Il se situe à la jonction des rue Sam Sen Thaï et Setthathirat. La statue du Roi Sisavang Vong trône devant l’entrée principale.

L’originalité du Wat SIMUANG consiste en la présence, sur l’autel central, à la place du Bouddha rituel, d’un pilier carré en latérite qui, d’après Henri DEYDIER, pourrait être le "LINGA"(2)‚ d’un ancien sanctuaire sivaite(3). Cette pagode semble d’ailleurs dédiée au culte de la fécondité : aujourd’hui encore, de nombreux pèlerins, hommes et femmes, viennent soulever une grossière statue évoquant elle-même un linga, en formulant des voeux généralement liés à la conception.

Derrière le sanctuaire principal, on peut voir un That très ruiné en latérite dont l’origine khmère n’est peut-être pas exclue.

A la fin des années 60 avait été découverte, dans cette pagode, une très belle tête de Vishnu en grès gris qui date vraisemblablement du XIIème siècle. Selon Jean FILLIOZAT, ancien directeur de l’École Française d’Extrême-Orient, ce Vishnu, divinité brahmanique, serait en réalité un Lokeçvava, Boddhisattva du Bouddhisme du Grand Véhicule, dont on aurait retaillé la coiffure pour en faire la figuration du Bouddha Amitabha qui s’y trouve normalement, le rendant ainsi conforme à la "tiare" Vishnouite.

Le site du Wat SIMUANG serait ainsi l’un des plus anciens de Vientiane.

(1) Les informations contenues dans cet article sont extraites de "Reconnaissances archéologiques dans la plaine de Vientiane" de Pierre-Marie GAGNEUX et Georges PFEIFFER (1970).
(2) Linga ou lingam : phallus ou forme phallique très présente dans la culture hindouiste.
(3) Adeptes de Siva ou Civa, troisième divinité de la Trimùrti hindoue, Déesse de la destruction.

Dernière modification : 20/08/2012

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